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Je n’avais encore rien lu de Dickens et je n’avais pas envie de lire en premier l’un de ses romans les plus connus et dont je connais les histoires dans les grandes lignes.

Je voulais vraiment découvrir quelque chose de nouveau, un peu pour découvrir vraiment Dickens par moi-même. J’ai posé mon choix sur Le Mystère d’Edwin Drood, présenté comme « la plus extraordinaire énigme littéraire de tous les temps ». Il faut dire que Dickens est mort avant de finir ce roman, laissant ouvert à toutes les spéculations possibles, le fin mot de l’histoire.
Le Mystère d'Edwin Drood - Charles Dickens

L’édition Archi Poche que j’ai achetée s’achève sur le récit imaginé par Paul Kinnet, qui semble avoir longuement travaillé sur le sujet avant d’oser en proposer la fin. Quoi qu’il en soit, que sa version soit celle qu’avait envisagé ou non Dickens, elle s’inscrit avec respect dans le style de Dickens et ne trouble pas la lecture.

Mais venons en à l’histoire, Le Mystère d’Edwin Drood c’est l’histoire d’un jeune couple, Edwin et Rosa dont les parents, tous décédés, ont voulu qu’ils se marient ensemble. Pourtant, leurs sentiments ne les rapprochent pas et ils décident de ne pas aller à l’encontre de leurs sentiments.

Edwin est à la fois le neveu et la pupille de Jasper, chef de la chorale dans la petite ville presque insignifiante où ils vivent. Jasper est un personnage étrange, plein de contraste. Et il a, semble-t-il, un grand secret : il est fou de la financée de son neveu. Et quand celui-ci disparaît, il jure de faire payer son meurtrier…

A moins que cet oncle justicier ne soit qu’un habile manipulateur ?

Le lecteur est libre de s’arrêter là où Dickens s’est lui-même arrêté, ou de continuer jusqu’au bout. Imaginer la fin ou non.

Lire Dickens n’est pas la plus facile des lectures, pourtant sa plume est plaisante et peut-être moins lourde que nos classiques français (même si je ne me base que sur une traduction, je l’avoue).

Le Mystère d’Edwin Drood, c’est un peu les prémices des romans policiers et pour peu qu’on soit vigilant, on trouve des indices semés ça et là pourtant tenter de découvrir le mystère qui se cache derrière cette disparition.


Passionnée par l’époque médiévale, il m’était impossible de passer à côté d’un ouvrage tel que Les Piliers de la Terre. Sauf que voilà, on me l’avait prêté il y a bien 7 ans et je n’avais pas pu dépasser les 100 pages. Je m’ennuyais à mourir, je n’arrivais pas à rentrer dans l’histoire. J’en ai lu à peine 100 pages et je l’ai rendu à sa propriétaire.

Vous ne devez pas trouver cette entame très engageante, mais attendez ! Quand on lit beaucoup, on sait qu’il y a des livres qui ne se laissent pas aborder comme ça. Voyage au bout de la Nuit de Ferdinand Céline m’avait fait ça, ou Les grands Cimetières sous la Lune de Georges Bernanos aussi. Bon, il faut dire que ce n’est pas le même genre ni le même niveau d’écriture, c’est vrai. Mais aussi, parfois, il suffit de poser l’ouvrage dans un coin et d’attendre le bon moment pour y revenir.

Ken Follett - Les Piliers de la Terre

Ça avait bien fonctionné avec ces deux ouvrages, pourquoi pas avec Les Piliers de la Terre ? Alors, cet été, en voyant le livre de Ken Follett dans le bac à livre du magasin, entouré de romans à l’eau de rose et autres niaiseries, j’ai eu envie de l’acheter. Et vous savez quoi ? Nous seulement je l’ai adoré mais en plus je l’ai dévoré ! Une toute petite semaine pour en lire les 1050 pages, pas rentable du tout comme lecture !

Mais ça valait tellement le coup ! Autant, pour Céline et Bernanos, il y avait de bonnes raisons de peiner à les lire, autant pour Ken Follett je n’ai pas compris ! Je me suis retrouvée aspirée par l’histoire et il fallait absolument que je me plonge dedans dès que j’avais ne serait-ce que quelques minutes de disponibles ! Une vraie lecture en mode autiste !

C’est pour ça qu’avant même de parler de l’histoire des Piliers de la Terre, je tenais à vous dire ça, quand on n’arrive pas à lire un livre, il faut juste parfois se laisser un peu/beaucoup de temps, mais il faut toujours le reprendre un jour.

Mais revenons en à nos Piliers. Ken Follett nous y raconte la vie au XIIème siècle en Angleterre de différents personnages tous liés les uns avec les autres. La première partie du roman s’intéresse d’abord à Tom et à sa famille. Tom est bâtisseur et il rêve de construire une cathédrale. Il est marié et a deux enfants, Alfred et Martha. Après le décès de son épouse Agnès, Tom se lie avec Ellen, une femme étrangement cultivée qui vit dans la forêt avec son fils Jack. La deuxième partie du roman s’intéresse davantage à Aliéna, jeune fille de haute lignée qui va tout perdre à cause d’un ennemi de son père. Son destin se retrouvera scellé par la promesse qu’elle fera à son père de tout mettre en oeuvre pour que son frère, Richard, reprenne son château.

Au travers des drames, des injustices, des histoires d’amour, l’oeuvre de Ken Follett est à la fois pleine de rebondissements, de suspens, de gentils et de méchants. Pourtant les personnages sont peints avec beaucoup de réalisme. On s’attache à eux et on ne perd pas une miette de l’histoire pour savoir si, à la fin, « tout est bien qui finit bien ».

Un roman qui mérite bien qu’on lui consacre toutes les heures qu’il faudra ! Pour ma part, il m’aura finalement fallu moins d’une semaine !


Daphné du Maurier, je crois que c’est pour l’instant l’auteur dont je parle le plus.

J’avais dévoré l’Auberge de la Jamaïque il y a quelques temps et je vous en avais parlé ici. Il me restait encore à lire Ma Cousine Rachel.

L’inconvénient, lorsqu’on achète ce genre de livre, c’est qu’on ne peut pas lire le résumé en quatrième de couverture, il n’y en a pas. L’avantage par contre, c’est que j’avais tellement aimé les 2 romans que j’avais déjà lus que je n’avais aucune inquiétude en ouvrant celui-ci. Encore que, j’aurais pu être déçue, mais non. Pas du tout.

Ma Cousine Rachel - Daphné du Maurier

Il s’agit toujours d’une histoire d’amour. Il s’agit même de plusieurs histoires d’amour.

Philip a été élevé par son cousin Ambroise. Ses parents sont morts lorsqu’il était bien trop jeune encore pour s’en souvenir. Et Ambroise n’a jamais souhaiter se marier. Philip est donc un peu son enfant. Et son héritier. Ils vivent tous deux dans un magnifique manoir, en Cournouailles. Magnifique, mais spartiate, comme la vie menée par ces deux hommes.
Ambroise souffrant de plus en plus de la rigueur hivernale décide de partir pour l’Europe chaque année, laissant Philip gérer le domaine. La routine suit malgré tout son cours, jusqu’au jour où Ambroise rencontre une femme, Rachel, qui s’avère être sa cousine, et dont il tombe amoureux.

Partagé entre la jalousie et le bonheur d’Ambroise, Philip déchante davantage encore quand les lettres d’Ambroise prennent une tournure singulière : il accuse son épouse d’être son tourment, et même pire encore. La dernière lettre que Philip recevra résonne comme un appel à l’aide. Philip part pour Florence, mais il est trop tard. Ambroise est mort, semble-t-il, de la même maladie que son père, un trouble du cerveau qui fait perdre la raison et cause d’affreuses migraines.

Philip ne rencontrera pas Rachel là-bas. Son ami et gestionnaire, Signor Rainaldi la dit impulsive et partie sur un coup de tête, ne pouvant supporter de vivre dans la villa où son époux est mort. Pour une obscure raison, peut-être causée par la maladie, Ambroise n’avait pas modifié son testament et c’est Philip qui hérite de tout, laissant Rachel sans aucune fortune.

Philip, convaincu qu’Ambroise est mort par la faute de sa cousine Rachel, qui en plus d’être le titre du roman revient partout comme un leitmotiv un peu entêtant, et du haut de ses 24 ans et de son inexpérience, décide de répondre positivement à la demande de sa cousine Rachel, de venir le rencontrer au domaine. Il est convaincu de pouvoir lui faire regretter, d’une quelconque façon, la mort de celui qu’il aimait tant.

Mais les choses ne se passent pas comme il l’avait prévu : il se retrouve nez à nez avec une femme de petite taille, frêle et fragile, gracieuse, charmante. D’abord un peu sur la défensive, il se retrouve vite impressionné par sa connaissance du domaine. Il faut dire qu’Ambroise lui en a tellement parlé. Une vraie complicité s’instaure entre eux.

Philip ne sent rend pas compte mais nous, nous savons à quel point il est en train de tomber amoureux de sa cousine Rachel. Et celle-ci, de façon féminine et détournée ne manque pas de séduction. Son séjour se prolonge, Philip tombe de plus en plus amoureux tandis que Louise, la fille de son parrain regarde tout cela d’un mauvais oeil. La jalousie n’est pas bien loin, ici non plus.

Plus Philip tombe amoureux plus le doute grandit. Est-il possible que Rachel ait effectivement tué Ambroise ? Des indices semblent être semés ici et là, mais sont-ce vraiment des indices ? L’auteur n’essaie-t-elle pas de nous leurrer ? Impossible de savoir !

Voilà bien ce qui rend le roman addictif. Il fallait absolument que je sache ! D’autant que, plus le roman avance, plus Philip se met en danger et prend des risques.

Que va-t-il finalement se passer ? Une fin surprenante bien sûr !

Ma Cousine Rachel - Daphné du Maurier (2)

Encore une petite perle de Daphné du Maurier. Même si je constate que, décidément, elle a quelque chose contre les femmes, elle nous dresse aussi le portrait d’un jeune homme naïf et sans expérience, pour le coup, sans la moindre naïveté de sa part. C’est à la fois un roman d’éducation, de vie, d’amour, d’un monde d’autrefois, ailleurs.

Pour l’instant, c’est un vrai sans faute ! il faut que j’en lise plus !! Daphné du Maurier me fait penser à Jane Austen, mais avec beaucoup plus de suspens et beaucoup moins de naïveté (ce n’est pas « cul-cul », l’adjectif que j’entends souvent quand on parle de Jane Austen). Et il y a un petit côté sombre très léger et diffus qui ne quitte pas ses romans (pour les 3 que j’ai lus en tout cas) mais tellement ténu qu’on se demande s’il s’agit vraiment de ça.


Il y a quelques temps maintenant, je vous avais parlé de Daphné du Maurier et de son superbe livre Rebecca (si, si, ici). Je n’avais pas eu l’occasion de lire autre chose d’elle mais, en flânant dans une brocante ces dernières semaines, je suis tombée sur deux beaux bouquins d’elle. Alors, bien sûr, je n’ai pas hésité un seul instant. J’ai donc maintenant en ma possession L’Auberge de la Jamaïque, dont j’avais déjà entendu parlé, et Ma Cousine Rachel.
Ce dernier m’étant totalement inconnu, j’ai commencé par lire L’Auberge de la Jamaïque.

Cela se passe en Angleterre bien sûr, dans les landes désolées de Cornouailles. Mary Yellan menait une vie paisible à Helford, auprès de sa mère jusqu’à ce que celle-ci décède. Respectant les voeux de sa mère, Mary quitte la ferme familière dans laquelle elle a toujours vécu pour rejoindre sa tante Patience Merlyn. La lettre de sa tante qui s’engage à l’accueillir n’a rien d’engageant et c’est le coeur lourd que Mary part pour l’Auberge de la Jamaïque, tenue par son oncle par alliance Joss Merlyn.

Sur le trajet, c’est avec une certaine horreur que le cocher apprend la destination de la jeune femme. Il ne sera d’ailleurs pas le seul à réagir d’étrange façon au nom de l’Auberge de la Jamaïque et certains même lui conseille de ne pas s’y rendre. Entre curiosité et crainte, Mary reprend courage. Son premier soir à l’Auberge de la Jamaïque la marquera à vie.

L’Auberge de la Jamaïque est idéalement située. Les coches y passent tous les jours pour relier différentes villes des Cornouailles. Mais aucun voyageur ne s’y arrête. Aucun voyageur, aucun coche. Les chambres sont laissées à l’abandon, le bar est vide. Dès qu’elle le rencontre, Mary éprouve une vive répulsion pour son  oncle. Sa tante Patience n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était. La femme coquette et joviale dont Mary se souvient a laissé place à une femme soumise et angoissée.

Mary comprend très vite que d’étranges choses se passent la nuit à l’Auberge de la Jamaïque et son oncle l’a prévenue : lorsqu’elle entendra des roues sur les pavés de la cour, elle devra se boucher les oreilles et garder la tête sous son oreiller. Mais Mary ne se laissera pas intimider par son oncle. Elle comprendra très vite qu’il s’agit en fait de contrebande. Mais n’y a-t-il que cela ?

L'Auberge de la Jamaïque - Daphné du Maurier

Dès les 50 premières pages, je me suis sentie happée par l’histoire. Daphné du Maurier est la reine des mystères et des secrets. Comme dans Rebecca, elle parvient à créer un univers étrange sans avoir besoin de distiller un sentiment de peur. La curiosité suffit, la même curiosité dont est victime son héroïne et c’est d’ailleurs ce qui lui sauvera la vie. Il y a les landes sauvages, une jeune fille curieuse et courageuse, un homme violent qui se laissera trahir par l’alcool, un ami qui n’en est pas un, un amour naissant. Il y a tout ce qu’il faut pour rêver les décors de ce livre, tout ce qu’il faut pour donner vie à Mary et à ceux qui l’entourent.

Bref, tout ce qu’il faut pour passer un délicieux moment de lecture. J’espère que Ma Cousine Rachel est de la même qualité !


Le livre dont j’ai envie de parler aujourd’hui, c’est LE livre de mon Top 10, celui, indétrônable qui se trouve tout en haut de la liste depuis… très longtemps :

Les Hauts de Hurlevents (Wuthering Heights en titre original) d’Emily Brontë.

Je crois bien que c’est un des seuls romans que j’ai lu plusieurs fois (c’est-à-dire plus de deux fois). Wuthering Heights est l’unique roman d’Emily Brontë, paru en 1847 sous le nom d’Ellis Bell. Il faut dire qu’Emily fait honneur à sa famille puisque ses 3 soeurs sont aussi 3 grandes figures de la littérature anglaise du XIXème siècle : Charlotte, la plus connue et la plus productive (Jane Eyre est son plus célèbre roman mais on lui doit également Shirley, Villette et The Professor) et Anne (The Tenant of Wildfell Hall et Agnes Grey). On parle souvent des soeurs Brontë mais on oublie souvent le frère, Branwell. C’est peut-être parce qu’il n’a pas écrit de roman. Pourtant sa poésie est sublime.

Pourquoi faut-il lire Wuthering Heights ? D’abord parce qu’en tant que fan de littérature romantique anglaise, on ne peut pas y couper. Parce que c’est en même temps un roman de transition, très moderne, vers l’ère victorienne, tout aussi riche en romans à dévorer. Parce qu’il s’agit d’une histoire d’amour. Parce que les sentiments qui sont décrits dans ce roman sont profonds, dévorants, puissants… On peut lire un roman et imaginer chaque action et chaque personnage, comme un film qu’on met en scène dans sa tête en même temps qu’on tourne les pages les unes après les autres, mais Wuthering Heights ne se laisse pas mettre en scène, il s’impose comme il est à celui qui le lit.

Emily Brontë en a fait un chef-d’oeuvre, purement et simplement. Enfin, purement peut-être pas, car les personnages qu’elle a crée sont plein de noirceurs, mais ce sont des personnages qui éprouvent des sentiments tellement forts, tellement entiers, qu’ils en deviennent attachants, aussi détestables sont-ils.

Aller, je vous le résume en quelques lignes.

La famille Earnshaw vit sur les terres des Hauts de Hurlevent. Il y a Hindley, le fils et Catherine, la fille. Jusqu’au jour où leur père rentre d’un de ses fréquents voyages accompagné d’Heathcliff, un jeune orphelin. Tandis qu’Hindley prend en horreur ce « demi-frère » venu de nulle part, Catherine s’attache à lui. Au fur et à mesure qu’ils grandissent, Catherine et Heathcliff se rendent compte de l’amour qui les unis. Malheureusement, M. Earnshaw vient à mourir. Hindley hérite des terres et en profite pour tourmenter Heathcliff autant qu’il peut. Abattu par la mort de son épouse, il continue de plus belle. Catherine, que sa condition oblige à épouser un homme riche décide de prendre Edgar Lington comme époux, persuadée qu’il acceptera Heathcliff dans sa vie. Heathcliff y voit là une trahison. Il disparaitra quelques temps avant de revenir vers Catherine. Celle-ci meurt peu après, laissant derrière elle sa fille Cathy. S’en suit la vengeance terrible d’Heathcliff qui commencera par ruiner Hindley puis Edgar et leurs descendants jusqu’à ce que…

Les Hauts de Hurlevent - Emily Brontë

Je n’en dis pas plus, c’est un livre tout simplement sublime !