Des livres, de la cuisine, des coups de coeur, du partage

Archives de Tag: histoire d’amour

Royal Affair, voilà un film que je voulais voir depuis longtemps ! Entre la romance et l’historique, il avait a priori tout pour me plaire… Et je n’ai pas été déçue.

Royal Affair - Affiche du film

L’intrigue se passe au Danemark en 1770. Caroline Mathilde, la jeune épouse du roi, d’ailleurs lui-même tout aussi jeune, essaie de trouver sa place dans une cour qui lui est étrangère. La langue, la culture sont les premières barrières qu’elle devra surmonter. Puis viendra l’indifférence de son époux, un époux qui tient aussi difficilement son rôle de roi. Car le Conseil du roi contrôle tout, décide de tout. Et le roi n’a finalement pas son mot à dire. Il faut dire aussi que le roi semble quelque peu arriéré.
Pour mieux le manipuler mais officiellement pour s’occuper de sa santé, Johann Friedrich Struensee, grand médecin et intellectuel influencé par les Lumières, a été choisi. Sa position auprès du roi va lui permettre de mettre en place de nombreuses réformes. Mais l’amour qu’il voue à la reine et ses idées politiques déplaisent fortement au Conseil. Révoltes et révolutions grondent.

Trahisons, espoirs, romance, tout est fait pour captiver et le jeu des principaux acteurs, Alicia Vikander, Mads Mikkelsen et Mikkel Boe Folsgaard, y est aussi pour beaucoup. Je pense que ce n’est pas pour rien que le film a été récompensé par le César et l’Oscar du Meilleur film étranger en 2013. Les costumes sont également très beaux. On se sent vraiment plongé dans une autre époque.

Le seul petit reproche que je pourrais faire, c’est que le film m’a beaucoup trop fait penser à The Duchess. Mais si la base est similaire : une femme épouse un homme de haut rang qui ne l’aime pas, elle tombe amoureuse mais les conséquences seront tragiques, j’ai de loin préféré Royal Affair à The Duchess. D’abord pour le jeu des acteurs, ensuite pour la fin. J’ai trouvé que The Duchess s’achevait un peu comme un cheveu sur la soupe, comme si quelque chose avait été bâclé, contrairement à Royal Affair. Enfin, le contexte historique dans lequel s’inscrit Royal Affair, même avec des écarts et une interprétation précise, m’a plus intéressée que dans The Duchess.

Avec tout ça, je dirais bien que Royal Affair mérite son 4 sur 5.

Royal Affair

La fiche technique :
Réalisateur :  Nikolaj Arcel
Producteurs exécutifs : Karen Bentzon, Kristina Kornum

Les acteurs :
Mads Mikkelsen : Johann Friedrich Struensee
Alicia Vikander : Caroline Mathilde
Mikkel Boe Folsgaard : Christian VII
David Denick : Ove Høegh-Guldberg
Trine Dyrholm : Juliane Marie


Après les lectures de vacances, il y a les lectures de la rentrée… Et pourtant, Demain j’arrête ! est aussi parfait en livre de vacances. Mais ne croyez pas que je veux dire par là que c’est un livre sans intérêt, bon à lire seulement entre la baignade et le bronzage sur la plage, distraitement. Pas du tout.

D’ailleurs, on peut lire Demain j’arrête ! pendant les vacances, sur un week end, dans la semaine pour se changer les idées après le boulot… Il n’y a qu’une seule chose, c’est qu’il faut le lire ! Oui, c’est écrit de façon simple, oui, c’est une histoire qui semble tout aussi simple. Mais le tout fonctionne à merveille. Pour tout vous dire, même Jules l’a lu. C’est même lui qui l’a acheté pour le lire dans le train. Et il n’a pas été déçu non plus.

Gilles Legardinier - Demain j'arrête !

Nous sommes tous les deux d’accord pour dire que seule la fin est un peu tirée par les cheveux, mais, après toutes les péripéties que subit Julie, l’héroïne, finalement, on pourrait se dire que tout est possible.

Toute l’histoire de Julie se résume à une question : quelle est la chose la plus stupide qu’elle ait faite dans sa vie. Et des choses stupides, Julie en a faites quelques unes, mais la plus stupide de toutes ? Cela mérite bien réflexion. Cette réflexion, Julie nous la livre dans un récit à la première personne; dans lequel elle nous raconte comment son nouveau voisin est devenu une obsession.

Et c’est peu dire ! Voilà comment d’un nom sur une boîte aux lettres tout peut arriver. Il faut dire que le fameux voisin s’appelle Ricardo Patatras. Difficile de passer inaperçu !

Entre les pensées de Julie et ses conversations, rien ne nous échappe. Ridicule, drôle, attachante, le personnage de Julie est en lui un vrai moment de bonheur. Et c’est sans parler de sa théorie sur les chats…

Comme a dit Jules en fermant Demain j’arrête ! on imagine bien. Et c’est ce talent de Gilles Legardinier de rendre son ouvrage aussi vivant qui le rend passionnant à lire. Je ne compte plus les fois où j’ai ri pour de vrai en lisant ce livre, tant on imagine vraiment chaque scène.

Plaisant jusqu’au bout, Gilles Legardinier se livre dans une sorte de postface qui sent bon l’auteur passionné par ce qu’il fait et cela ne fait que confirmer la bonne impression laissée par tout le livre.


Après avoir lu Le Mec de la Tombe d’à côté, il fallait bien que je me décide à lire la suite : Le Caveau de Famille.

Le Caveau de Famille - Katerina Mazetti

Le mec de la tombe d’à côté, juste au cas où pour vous rafraîchir la mémoire, c’est cette histoire d’amour improbable entre une bibliothécaire, Désiré, veuve de surcroît et qui vit dans un appartement en ville, aseptisé et sans vraiment de personnalité ; et Benny, agriculteur célibataire, simple et travailleur.

C’était une rencontre improbable pour une histoire improbable : la tombe du mari de Désiré s’est trouvée juste à côté de celle de la mère de Benny. Et d’emblée, les différences sont flagrantes (mais je vous laisse le lire si vous voulez en savoir davantage !)

Tellement improbable que c’est une histoire drôle et attachante que nous a offerte l’auteure, Katerina Mazetti. Pour la suite, on pouvait donc s’attendre à ce que la suite soit de la même trempe. J’attendais de l’improbable, de l’humour, de la tendresse aussi et de la dérision.

Et bien c’est peine perdue, il fait malheureusement le reconnaître !

La majeure partie du Caveau de Famille tourne autour du souhait de Désirée d’avoir un enfant. Il semble que son horloge interne se soit mise en alerte et que c’est la seule chose qui compte. Et cela compte tellement que les sentiments, les siens et ceux de Benny, sont d’abord mis de côté. Et comme il faut bien que leurs sentiments les rattrape, les voilà pris de nouveau dans une relation, d’amour, certes, mais ces deux-là sont tellement différents que bien sûr…

De bonheurs en catastrophes, de catastrophes en bonheurs, le roman nous montre, peut-être avec un humour que je n’ai pas su voir, comment un homme et une femme peuvent ne pas du tout être sur la même longueur d’onde. Ça aurait pu donner quelque chose de comique si en lisant Le Caveau de Famille on n’avait pas juste l’impression de se retrouver devant une plate mise en scène.

Et, pour couronner le tout, Katerina Mazetti fait de Désirée une sorte de poule pondeuse réduite à élever ses enfants comme elle peut, parce que oui, Désirée va finalement tomber enceinte. Et elle va aussi devenir une vraie petite femme d’intérieur. Pour une bibliothécaire intellectuelle qui n’avais jamais cuisiné de sa vie, voilà donc une bien belle révélation…

Non, sincèrement, heureusement que le livre se lit vite parce que pour voir les personnages, et Désirée surtout, devenir des caricatures même pas drôles de la vie de couple, vraiment, je m’en serais bien passée !


Daphné du Maurier, je crois que c’est pour l’instant l’auteur dont je parle le plus.

J’avais dévoré l’Auberge de la Jamaïque il y a quelques temps et je vous en avais parlé ici. Il me restait encore à lire Ma Cousine Rachel.

L’inconvénient, lorsqu’on achète ce genre de livre, c’est qu’on ne peut pas lire le résumé en quatrième de couverture, il n’y en a pas. L’avantage par contre, c’est que j’avais tellement aimé les 2 romans que j’avais déjà lus que je n’avais aucune inquiétude en ouvrant celui-ci. Encore que, j’aurais pu être déçue, mais non. Pas du tout.

Ma Cousine Rachel - Daphné du Maurier

Il s’agit toujours d’une histoire d’amour. Il s’agit même de plusieurs histoires d’amour.

Philip a été élevé par son cousin Ambroise. Ses parents sont morts lorsqu’il était bien trop jeune encore pour s’en souvenir. Et Ambroise n’a jamais souhaiter se marier. Philip est donc un peu son enfant. Et son héritier. Ils vivent tous deux dans un magnifique manoir, en Cournouailles. Magnifique, mais spartiate, comme la vie menée par ces deux hommes.
Ambroise souffrant de plus en plus de la rigueur hivernale décide de partir pour l’Europe chaque année, laissant Philip gérer le domaine. La routine suit malgré tout son cours, jusqu’au jour où Ambroise rencontre une femme, Rachel, qui s’avère être sa cousine, et dont il tombe amoureux.

Partagé entre la jalousie et le bonheur d’Ambroise, Philip déchante davantage encore quand les lettres d’Ambroise prennent une tournure singulière : il accuse son épouse d’être son tourment, et même pire encore. La dernière lettre que Philip recevra résonne comme un appel à l’aide. Philip part pour Florence, mais il est trop tard. Ambroise est mort, semble-t-il, de la même maladie que son père, un trouble du cerveau qui fait perdre la raison et cause d’affreuses migraines.

Philip ne rencontrera pas Rachel là-bas. Son ami et gestionnaire, Signor Rainaldi la dit impulsive et partie sur un coup de tête, ne pouvant supporter de vivre dans la villa où son époux est mort. Pour une obscure raison, peut-être causée par la maladie, Ambroise n’avait pas modifié son testament et c’est Philip qui hérite de tout, laissant Rachel sans aucune fortune.

Philip, convaincu qu’Ambroise est mort par la faute de sa cousine Rachel, qui en plus d’être le titre du roman revient partout comme un leitmotiv un peu entêtant, et du haut de ses 24 ans et de son inexpérience, décide de répondre positivement à la demande de sa cousine Rachel, de venir le rencontrer au domaine. Il est convaincu de pouvoir lui faire regretter, d’une quelconque façon, la mort de celui qu’il aimait tant.

Mais les choses ne se passent pas comme il l’avait prévu : il se retrouve nez à nez avec une femme de petite taille, frêle et fragile, gracieuse, charmante. D’abord un peu sur la défensive, il se retrouve vite impressionné par sa connaissance du domaine. Il faut dire qu’Ambroise lui en a tellement parlé. Une vraie complicité s’instaure entre eux.

Philip ne sent rend pas compte mais nous, nous savons à quel point il est en train de tomber amoureux de sa cousine Rachel. Et celle-ci, de façon féminine et détournée ne manque pas de séduction. Son séjour se prolonge, Philip tombe de plus en plus amoureux tandis que Louise, la fille de son parrain regarde tout cela d’un mauvais oeil. La jalousie n’est pas bien loin, ici non plus.

Plus Philip tombe amoureux plus le doute grandit. Est-il possible que Rachel ait effectivement tué Ambroise ? Des indices semblent être semés ici et là, mais sont-ce vraiment des indices ? L’auteur n’essaie-t-elle pas de nous leurrer ? Impossible de savoir !

Voilà bien ce qui rend le roman addictif. Il fallait absolument que je sache ! D’autant que, plus le roman avance, plus Philip se met en danger et prend des risques.

Que va-t-il finalement se passer ? Une fin surprenante bien sûr !

Ma Cousine Rachel - Daphné du Maurier (2)

Encore une petite perle de Daphné du Maurier. Même si je constate que, décidément, elle a quelque chose contre les femmes, elle nous dresse aussi le portrait d’un jeune homme naïf et sans expérience, pour le coup, sans la moindre naïveté de sa part. C’est à la fois un roman d’éducation, de vie, d’amour, d’un monde d’autrefois, ailleurs.

Pour l’instant, c’est un vrai sans faute ! il faut que j’en lise plus !! Daphné du Maurier me fait penser à Jane Austen, mais avec beaucoup plus de suspens et beaucoup moins de naïveté (ce n’est pas « cul-cul », l’adjectif que j’entends souvent quand on parle de Jane Austen). Et il y a un petit côté sombre très léger et diffus qui ne quitte pas ses romans (pour les 3 que j’ai lus en tout cas) mais tellement ténu qu’on se demande s’il s’agit vraiment de ça.


L’amour dure 3 ans. J’ai déjà parlé du livre de Frédéric Beigbeder (ici), qui n’avait pas été spécialement un de mes coups de coeur mais qui se laisse quand même lire, mais je n’avais pas vu le film. Maintenant que c’est fait, bon… Parlons-en. Mais seulement un instant, parce que, comme le livre, s’il mérite qu’on s’y attarde 5 minutes, il ne nécessite pas non plus un développement de 3h !

L'amour dure 3 ans - affiche du film

De ce que je me souviens du roman, le film en est assez proche. En même temps, réalisé par Beigbeder lui-même, il aurait été dommage que le roman soit trahi d’une quelconque façon ! S’il y a une différence, c’est peut-être autour des autres personnages mis en scène. Je ne me souviens absolument pas, dans le roman, des personnages incarnés à l’écran par Joey Starr (Jean-Georges) ou Jonathan Lambert (Pierre).

Le Marc Marronnier du film m’a paru un peu moins infecte que celui du roman. Peut-être parce que certaines des phrases qu’il prononce ont quelque chose de presque poétique et la voix de l’acteur n’a forcément rien à voir avec se que l’on peut « entendre » en lisant le roman. En même temps, le résultat est le même. D’ailleurs, la mise en scène, avec ses phrases qui apparaissent à l’écran au fur et à mesure que Marc Marronnier écrit soutient ce sentiment.
Sinon, le jeu des acteurs n’est pas mauvais. En gros donc, le livre et le film se valent. Rien d’extraordinaire, rien d’époustouflant ni de renversant, mais assez correctement mené pour se changer les idées un soir où il n’y a rien de particulier à voir à la télé.

La fiche technique :
Réalisateur : Frédéric Beigbeder

Les acteurs :
Gaspard Proust : Marc Marronnier
Louise Bourgoin : Alice
Joey Starr : Jean-Georges
Jonathan Lambert : Pierre
Frédérique Bel : Kathy
Nicolas Bedos : Antoine
Valérie Lemercier : l’éditrice de Marc Marornnier

Et pour la note ça sera seulement 2/5 parce que bon, ce n’est pas non plus du grand cinéma…


Une fois n’est pas coutume, j’ai relu Rebecca, de Daphné du Maurier. Je l’ai lu il y a des années, au collège ou au lycée, je ne sais plus. En tout cas, ça remonte. D’ordinaire, je ne relis même pas les livres que j’ai adoré. Il y a tellement de livre à lire que ça serait dommage de perdre du temps à lire le même plusieurs fois. Evidemment, avec ma mauvaise mémoire, ça complique les choses, mais ça, c’est une autre histoire…

Je disais donc, exceptionnellement, le ciel m’étant  tombé sur la tête, j’ai décidé de relire Rebecca. Je ne me souviens plus du tout comment ce bouquin là a pu me tomber entre les mains. Je ne connais pas l’auteur et j’ai du faire un tour sur Wikipedia pour me renseigner un peu. Je n’ai pas perdu mon temps, maintenant que je sais qu’elle a écrit plein de roman, je vais avoir de quoi ajouter à ma liste de livres à lire.

Daphné du Maurier était une romancière anglaise, décédée en 1989. A priori, vu sa famille, le monde des arts ne devait pas lui être inconnu : son père était acteur et son grand-père dessinateur et écrivain.

En fait, si vous êtes un peu cinéphile, vous devez la connaître au moins un peu à travers les 3 films qu’Alfred Hitchcock a fait en s’inspirant de 3 de ses romans dont Rebecca. Peut-être que je me laisserais tenter par le film, le livre en tout cas est un vrai régal.

Rebecca - Daphné du Maurier

C’est plutôt une lecture féminine, c’est sûr puisqu’il s’agit d’une histoire d’amour entre un veuf riche et célèbre et une jeune et pauvre demoiselle de compagnie. Heureusement que le destin les a fait se rencontrer, ces deux-là ! Malheureusement notre demoiselle de compagnie est une jeune femme inexpérimentée et très timide. Pâle figure à côté de l’absente, la première femme de notre veuf, belle, vive, sûre d’elle. Rebecca est morte mais elle n’est jamais bien loin. Ce n’est pas un roman qui met en scène des fantômes, et pourtant, dans l’esprit des personnages, c’est tout comme. Ce n’est pas pour rien que le roman porte son nom.

Le jeune couple s’installe à Manderley, l’illustre demeure de Maxim, lieu de fête, de bal, et surtout là où tout rappelle la morte. Elle devient omniprésente le jour où son corps est retrouvé. On pensait que Rebecca s’était noyée, mais c’est étendue dans la cabine de son bateau qu’elle gît  Et le bateau a coulé dans des conditions suspectes… Qu’a-t-il bien pu se passer ? Et si Rebecca n’était pas celle qu’on croit ? L’amour et l’apprentissage de la vie de notre jeune héroïne lui réserve bien des surprises…

Evidemment, c’est merveilleusement bien écrit, sans fioritures. Les descriptions ne sont pas trop longues mais permettent de se faire une idée exacte du décor. On se retrouve sans s’en rendre compte auprès des personnages, on les suit, on s’inquiète comme eux, on a honte comme eux. On grandit presque, comme eux.

Un vrai bonheur quoi ! Après une si délicieuse entrée en matière, j’espère que les autres romans seront à la hauteur de mes attentes !