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Je continue mon pèlerinage littéraire pour vous parler aujourd’hui d’un livre très particulier. Du Printemps vers Compostelle n’est pas l’oeuvre d’un grand écrivain de renommée mais celle d’un psychothérapeute alsacien qui s’est, comme tant d’autres individus « anonymes », lancé sur le Chemin.

La démarche d’Aimé Hoffbeck s’inscrit dans la volonté de parler du Chemin au jour le jour. C’est la raison pour laquelle il a décidé de tenir un blog qu’il a fait vivre un peu avant son départ et qu’il a ensuite clos quelque temps après son retour.

Du Printemps vers Compostelle - Aimé Hoffbeck

Le livre rassemble ainsi chacun des billets qui ont été publiés. Le suivre pour ainsi dire au jour le jour donne une vraie consistance au Chemin. Nous n’ignorons rien des souffrances de l’auteur, nous savons chacune de ses étapes. D’un point de vue pratique, cela peut donc être intéressant pour celui qui envisage de prendre lui aussi d’enfiler ses chaussures de randonnées pour suivre ce périple.

Mais, pour moi, la vraie richesse du Printemps vers Compostelle, c’est le regard que porte Aimé Hoffbeck sur ce qu’il vit à l’intérieur de lui. Loin d’en faire un simple récit égo-centré, et sans prendre le ton d’un praticien en pleine séance avec un patient sur le « divan », c’est au contraire un échange. La volonté, ou tout du moins le désir d’Aimé Hoffbeck, c’est d’après moi, d’apporter des clés pour ouvrir des portes en nous, de donner à ceux qui prendront la peine (disons plutôt le plaisir) de le lire, une compréhension nouvelle, une ouverture sur quelque chose qui, peut-être, est source de tension et qui, à bien y regarder, trouve une explication.

À lire Aimé Hoffbeck, on réalise que tout n’est parfois pas si compliqué qu’on pense. Ce n’est pas un donneur de conseil ni un moralisateur. Son langage est modeste, bienveillant même. Il ne cherche en aucun cas à en imposer. C’est plutôt le livre d’un ami qui partage son expérience.

La richesse du Printemps vers Compostelle réside sans doute dans la lecture qu’en feront ceux qui ouvriront le roman : certaines de ses phrases ne sont pas toujours aisées à comprendre dès lors qu’on se prend au jeu et qu’on cherche à analyser ses propos, nous, les lecteurs confortablement installés et loin, très loin de la vie sur le Chemin. Parce que bon, travailler sur soi nécessite tout de même un minimum d’efforts.


Qui ne connaît pas aujourd’hui Paulo Coelho ? Sans avoir lu tous ses livres, je pense que rares sont les personnes qui n’en ont pas tenu au moins un une fois entre leurs mains.

Du roman très connu L’Alchimiste au peut-être un peu moins connu Véronika décide de mourir, Paulo Coelho dresse dans chacun de ses romans des univers propices aux rêves, à la réflexion, et toujours de façon à apporter quelque choses à ses lecteurs.

Par certains côtés, ce sont des romans simples mais, pour en avoir lu plus d’un, ils apportent toujours quelque chose à leurs lecteurs.

 Le Pèlerin de Compostelle est le quatrième roman de Paulo Coelho et contrairement aux précédents, c’est un ouvrage très personnel dans lequel il relate son pèlerinage et les circonstances qui y sont liées.

Paolo Coelho - Le Pèlerin de Compostelle

Le contexte est particulièrement précis : membre de la confrérie Regnus Agnus Mundi (appelée aussi RAM , ordre catholique, fondé en 1492), il échoue à l’initiation qui devait lui permettre d’obtenir une épée plus « puissante » que celle qu’il détenait jusqu’alors.
Afin de pouvoir mériter de nouveau son épée et la retrouver, son Maître au sein de la confrérie lui intime de se rendre à Saint-Jean-Pied-de-Port pour suivre son guide sur le Chemin de Compostelle.

Paulo Coelho quitte donc le Brésil pour la France et livre avec beaucoup de réalisme et d’objectivité son chemin, ses aspirations, ses erreurs.

 Malgré tout, le chemin de Paolo Coelho est un chemin purement spirituel. Pour lire et surtout, pour apprécier Le Pèlerin de Compostelle, il ne faut pas être hermétique à tout ce qui touche à l’ésotérisme. Paulo Coelho fait peu de cas de la « matérialité » du Chemin. Les kilomètres, l’hébergement, rien de tout cela n’a d’importance. Ce qui compte pour Paolo Coelho c’est la quête, la récompense : trouver son épée.

Pour cela, Paulo Coelho traversera de nombreuses épreuves qui paraitraient bien étranges à tout autre que lui. Mais Le Pèlerin de Compostelle enseigne aussi au lecteur, et c’est tout l’art de Paulo Coelho. Et pour peu qu’on veuille bien écouter ce qu’il nous dit et y réfléchir, c’est un message de vie qu’il nous livre.

 L’espoir, la réconciliation avec soi, l’Amour. Il n’est de plus beau message que l’humanité dont fait preuve Paulo Coelho dans le partage de son aventure. Les pistes de réflexions, les astuces même, laisse au lecteur qui referme ce livre un sentiment de bien-être, d’harmonie et d’envie d’aller de l’avant (ce qui d’ailleurs s’exprime par un simple mot propre au Chemin : Ultreïa, plus avant, outre, un cri d’espoir et de vie pour avancer toujours plus sur le chemin de la vie). Et cela vaut bien, pour les plus récalcitrants, quelques pages d’ésotérisme.