Des livres, de la cuisine, des coups de coeur, du partage

Archives mensuelles : décembre 2013

Pour une fois, mon livre de la semaine est en fait une BD de la semaine.

Je ne lis pas souvent de BD, il faut dire que le rapport temps de lecture/prix n’est pas bon avec moi ! Une BD, ça se lit beaucoup trop vite, même en prenant tout son temps pour regarder les dessins… faut bien rentabiliser !

Les Aventures de Poussin 1er

Heureusement, de temps en temps je me retrouve avec une BD entre les mains et il est rare que je le regrette. Et Les Aventures de Poussin 1er n’a pas fait exception à la règle. Il faut dire qu’avec la plume d’Eric-Emmanuel Schmitt, je ne m’engageais pas en terrain inconnu ! Je n’ai encore jamais fait de billet sur ses livres, et pourtant, j’ai apprécié chacun des livres que j’ai lu de lui. Je me rattraperai un de ces quatre.

Mais aujourd’hui, parlons BD ! Les Aventures de Poussin 1er est donc la rencontre entre un écrivain reconnu, Eric-Emmanuel Schmitt et un dessinateur qui l’est sûrement tout autant, Janry, puisqu’il est le co-créateur du Petit Spirou. Le résultat : des textes drôles, entre philosophie et naïveté, et un poussin attachant dans un décor simple et efficace. Une belle synergie en somme.

Pâques

Dans le premier tome, Cui suis-je ? Poussin 1er, s’interroge sur sa condition, sur ce qu’il est. Être, l’existence, est au coeur de ses préoccupations. Et on ne peut pas dire qu’il puisse beaucoup compter sur les autres animaux qu’il rencontre pour l’aider.

Poussin 1er vient à peine de naître et pourtant, le voilà déjà un brin mégalo !

Le tome 1 des Aventures de Poussin 1er est paru à la rentrée, les tomes 2 et 3 sont donc encore à paraître mais ils laissent déjà présager beaucoup d’humour.

Tome 1 Cui suis-je ?

Voilà une BD dont je suis impatiente de lire la suite !


Il y a des histoires comme ça qui s’enchaînent de fil en aiguille  de façon totalement imprévisible et qui pourtant tiennent la route. C’est le cas du roman de Jonas Jonasson, Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - Jonas Jonasson (1)

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ? C’est Allan Karlsson, centenaire et ancien artificier ayant arrêté l’école à l’âge de 9 ans, apolitique et athée. Disons, pour être exacte, futur centenaire qui décide de s’enfuir de la maison de retraite dans laquelle il vivait pour ne pas avoir à fêter ses cent ans avec les autres vieux et encore moins avec Soeur Alice, qui ne le laisse jamais boire une seule petite goutte d’alcool.

Un vieux, qui plus est centenaire, ce n’est pourtant pas difficile à retrouver ? C’était sans compter la cavale dans laquelle Allan va entraîner chacune des personnes qu’il rencontrera par la suite. Petit escroc, vendeur de hot-dog, jeune femme gardienne d’une éléphante, grand escroc. Et tout cela à cause d’une malheureuse valise qu’Allan décide d’emmener avec lui, alors qu’un étrange jeune homme de la bande Never Again lui avait seulement demandé de surveiller à la gare, le temps de satisfaire une envie pressante !

Mais voilà qu’Allan décide de partir avec cette valise et voilà aussi que le jeune homme décide de retrouver coûte que coûte cette valise. Comme si Allan n’avait pas assez de la police à ses trousses ! Tout s’enchaîne aussi efficacement que s’il s’agissait de dominos actionnés par un tout petit mouvement du doigt.

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - Jonas Jonasson (2)

Je disais de fil en aiguille ? J’aurais tout aussi bien pu dire « de meurtre en cavale », cela correspond assez bien aussi ! Et la police qui cherche, qui cherche désespérément à retrouver qui ? Une centenaire fou et sanguinaire ? Un pauvre centenaire enlevé par des dealers ? Mais quel lien peut-il donc avoir avec un vendeur de hot-dog ? Et cette femme aux cheveux rouges ?

Tout ça parce qu’il n’a pas voulu fêter son anniversaire, Allan Karlsson devient le vieux le plus célèbre de la Suède. Ce que la Suède ne sait pas, ni la police non plus d’ailleurs, c’est qu’Allan Karlsson en a vu bien d’autres tout au long de sa vie. Il n’a en effet pas été permis à tout le monde de rencontrer Franco, Truman, Mao ou Staline et tout ça, rien que dans une seule vie !

Quand bien même la probabilité pour qu’un seul homme vive autant de choses qu’Allan Karlsson soit faible, l’histoire du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire tient la route et tient son lecteur en haleine avec autant de simplicité que de succès.

Un petit bémol toutefois : l’écriture des premières pages est assez redondante et laisse craindre une écriture dans la répétition, ce qui n’est heureusement pas le cas. La lourdeur n’est que dans les premières pages, pas de quoi s’effrayer donc ni de refermer le livre à peine ouvert.


Royal Affair, voilà un film que je voulais voir depuis longtemps ! Entre la romance et l’historique, il avait a priori tout pour me plaire… Et je n’ai pas été déçue.

Royal Affair - Affiche du film

L’intrigue se passe au Danemark en 1770. Caroline Mathilde, la jeune épouse du roi, d’ailleurs lui-même tout aussi jeune, essaie de trouver sa place dans une cour qui lui est étrangère. La langue, la culture sont les premières barrières qu’elle devra surmonter. Puis viendra l’indifférence de son époux, un époux qui tient aussi difficilement son rôle de roi. Car le Conseil du roi contrôle tout, décide de tout. Et le roi n’a finalement pas son mot à dire. Il faut dire aussi que le roi semble quelque peu arriéré.
Pour mieux le manipuler mais officiellement pour s’occuper de sa santé, Johann Friedrich Struensee, grand médecin et intellectuel influencé par les Lumières, a été choisi. Sa position auprès du roi va lui permettre de mettre en place de nombreuses réformes. Mais l’amour qu’il voue à la reine et ses idées politiques déplaisent fortement au Conseil. Révoltes et révolutions grondent.

Trahisons, espoirs, romance, tout est fait pour captiver et le jeu des principaux acteurs, Alicia Vikander, Mads Mikkelsen et Mikkel Boe Folsgaard, y est aussi pour beaucoup. Je pense que ce n’est pas pour rien que le film a été récompensé par le César et l’Oscar du Meilleur film étranger en 2013. Les costumes sont également très beaux. On se sent vraiment plongé dans une autre époque.

Le seul petit reproche que je pourrais faire, c’est que le film m’a beaucoup trop fait penser à The Duchess. Mais si la base est similaire : une femme épouse un homme de haut rang qui ne l’aime pas, elle tombe amoureuse mais les conséquences seront tragiques, j’ai de loin préféré Royal Affair à The Duchess. D’abord pour le jeu des acteurs, ensuite pour la fin. J’ai trouvé que The Duchess s’achevait un peu comme un cheveu sur la soupe, comme si quelque chose avait été bâclé, contrairement à Royal Affair. Enfin, le contexte historique dans lequel s’inscrit Royal Affair, même avec des écarts et une interprétation précise, m’a plus intéressée que dans The Duchess.

Avec tout ça, je dirais bien que Royal Affair mérite son 4 sur 5.

Royal Affair

La fiche technique :
Réalisateur :  Nikolaj Arcel
Producteurs exécutifs : Karen Bentzon, Kristina Kornum

Les acteurs :
Mads Mikkelsen : Johann Friedrich Struensee
Alicia Vikander : Caroline Mathilde
Mikkel Boe Folsgaard : Christian VII
David Denick : Ove Høegh-Guldberg
Trine Dyrholm : Juliane Marie


Je continue mon pèlerinage littéraire pour vous parler aujourd’hui d’un livre très particulier. Du Printemps vers Compostelle n’est pas l’oeuvre d’un grand écrivain de renommée mais celle d’un psychothérapeute alsacien qui s’est, comme tant d’autres individus « anonymes », lancé sur le Chemin.

La démarche d’Aimé Hoffbeck s’inscrit dans la volonté de parler du Chemin au jour le jour. C’est la raison pour laquelle il a décidé de tenir un blog qu’il a fait vivre un peu avant son départ et qu’il a ensuite clos quelque temps après son retour.

Du Printemps vers Compostelle - Aimé Hoffbeck

Le livre rassemble ainsi chacun des billets qui ont été publiés. Le suivre pour ainsi dire au jour le jour donne une vraie consistance au Chemin. Nous n’ignorons rien des souffrances de l’auteur, nous savons chacune de ses étapes. D’un point de vue pratique, cela peut donc être intéressant pour celui qui envisage de prendre lui aussi d’enfiler ses chaussures de randonnées pour suivre ce périple.

Mais, pour moi, la vraie richesse du Printemps vers Compostelle, c’est le regard que porte Aimé Hoffbeck sur ce qu’il vit à l’intérieur de lui. Loin d’en faire un simple récit égo-centré, et sans prendre le ton d’un praticien en pleine séance avec un patient sur le « divan », c’est au contraire un échange. La volonté, ou tout du moins le désir d’Aimé Hoffbeck, c’est d’après moi, d’apporter des clés pour ouvrir des portes en nous, de donner à ceux qui prendront la peine (disons plutôt le plaisir) de le lire, une compréhension nouvelle, une ouverture sur quelque chose qui, peut-être, est source de tension et qui, à bien y regarder, trouve une explication.

À lire Aimé Hoffbeck, on réalise que tout n’est parfois pas si compliqué qu’on pense. Ce n’est pas un donneur de conseil ni un moralisateur. Son langage est modeste, bienveillant même. Il ne cherche en aucun cas à en imposer. C’est plutôt le livre d’un ami qui partage son expérience.

La richesse du Printemps vers Compostelle réside sans doute dans la lecture qu’en feront ceux qui ouvriront le roman : certaines de ses phrases ne sont pas toujours aisées à comprendre dès lors qu’on se prend au jeu et qu’on cherche à analyser ses propos, nous, les lecteurs confortablement installés et loin, très loin de la vie sur le Chemin. Parce que bon, travailler sur soi nécessite tout de même un minimum d’efforts.