Daphné du Maurier, je crois que c’est pour l’instant l’auteur dont je parle le plus.

J’avais dévoré l’Auberge de la Jamaïque il y a quelques temps et je vous en avais parlé ici. Il me restait encore à lire Ma Cousine Rachel.

L’inconvénient, lorsqu’on achète ce genre de livre, c’est qu’on ne peut pas lire le résumé en quatrième de couverture, il n’y en a pas. L’avantage par contre, c’est que j’avais tellement aimé les 2 romans que j’avais déjà lus que je n’avais aucune inquiétude en ouvrant celui-ci. Encore que, j’aurais pu être déçue, mais non. Pas du tout.

Ma Cousine Rachel - Daphné du Maurier

Il s’agit toujours d’une histoire d’amour. Il s’agit même de plusieurs histoires d’amour.

Philip a été élevé par son cousin Ambroise. Ses parents sont morts lorsqu’il était bien trop jeune encore pour s’en souvenir. Et Ambroise n’a jamais souhaiter se marier. Philip est donc un peu son enfant. Et son héritier. Ils vivent tous deux dans un magnifique manoir, en Cournouailles. Magnifique, mais spartiate, comme la vie menée par ces deux hommes.
Ambroise souffrant de plus en plus de la rigueur hivernale décide de partir pour l’Europe chaque année, laissant Philip gérer le domaine. La routine suit malgré tout son cours, jusqu’au jour où Ambroise rencontre une femme, Rachel, qui s’avère être sa cousine, et dont il tombe amoureux.

Partagé entre la jalousie et le bonheur d’Ambroise, Philip déchante davantage encore quand les lettres d’Ambroise prennent une tournure singulière : il accuse son épouse d’être son tourment, et même pire encore. La dernière lettre que Philip recevra résonne comme un appel à l’aide. Philip part pour Florence, mais il est trop tard. Ambroise est mort, semble-t-il, de la même maladie que son père, un trouble du cerveau qui fait perdre la raison et cause d’affreuses migraines.

Philip ne rencontrera pas Rachel là-bas. Son ami et gestionnaire, Signor Rainaldi la dit impulsive et partie sur un coup de tête, ne pouvant supporter de vivre dans la villa où son époux est mort. Pour une obscure raison, peut-être causée par la maladie, Ambroise n’avait pas modifié son testament et c’est Philip qui hérite de tout, laissant Rachel sans aucune fortune.

Philip, convaincu qu’Ambroise est mort par la faute de sa cousine Rachel, qui en plus d’être le titre du roman revient partout comme un leitmotiv un peu entêtant, et du haut de ses 24 ans et de son inexpérience, décide de répondre positivement à la demande de sa cousine Rachel, de venir le rencontrer au domaine. Il est convaincu de pouvoir lui faire regretter, d’une quelconque façon, la mort de celui qu’il aimait tant.

Mais les choses ne se passent pas comme il l’avait prévu : il se retrouve nez à nez avec une femme de petite taille, frêle et fragile, gracieuse, charmante. D’abord un peu sur la défensive, il se retrouve vite impressionné par sa connaissance du domaine. Il faut dire qu’Ambroise lui en a tellement parlé. Une vraie complicité s’instaure entre eux.

Philip ne sent rend pas compte mais nous, nous savons à quel point il est en train de tomber amoureux de sa cousine Rachel. Et celle-ci, de façon féminine et détournée ne manque pas de séduction. Son séjour se prolonge, Philip tombe de plus en plus amoureux tandis que Louise, la fille de son parrain regarde tout cela d’un mauvais oeil. La jalousie n’est pas bien loin, ici non plus.

Plus Philip tombe amoureux plus le doute grandit. Est-il possible que Rachel ait effectivement tué Ambroise ? Des indices semblent être semés ici et là, mais sont-ce vraiment des indices ? L’auteur n’essaie-t-elle pas de nous leurrer ? Impossible de savoir !

Voilà bien ce qui rend le roman addictif. Il fallait absolument que je sache ! D’autant que, plus le roman avance, plus Philip se met en danger et prend des risques.

Que va-t-il finalement se passer ? Une fin surprenante bien sûr !

Ma Cousine Rachel - Daphné du Maurier (2)

Encore une petite perle de Daphné du Maurier. Même si je constate que, décidément, elle a quelque chose contre les femmes, elle nous dresse aussi le portrait d’un jeune homme naïf et sans expérience, pour le coup, sans la moindre naïveté de sa part. C’est à la fois un roman d’éducation, de vie, d’amour, d’un monde d’autrefois, ailleurs.

Pour l’instant, c’est un vrai sans faute ! il faut que j’en lise plus !! Daphné du Maurier me fait penser à Jane Austen, mais avec beaucoup plus de suspens et beaucoup moins de naïveté (ce n’est pas « cul-cul », l’adjectif que j’entends souvent quand on parle de Jane Austen). Et il y a un petit côté sombre très léger et diffus qui ne quitte pas ses romans (pour les 3 que j’ai lus en tout cas) mais tellement ténu qu’on se demande s’il s’agit vraiment de ça.

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